Des textes inutiles ?
Quand on considère que les récits de la création, dans le livre de la Genèse, sont des mythes, quelle pertinence ça a de les étudier ? Ne sont-ils pas des textes inutiles ?
C’est la question que L.S. m’a posée, l’autre jour, sur Messenger. Je respecte son anonymat, comme à chaque fois que je traite des questions qu’on me pose. Mais vous noterez qu’on se tutoie. C’est qu’on commence à un peu se connaître, cette personne et moi. Elle habite dans le coin où j’exerce mon ministère et a déjà mis les pieds dans le temple où je célèbre des cultes. Ce n’est donc pas une personne inconnue.
Ci-dessous, j’ai retranscrit les questions qu’elle me pose, ainsi que les tentatives de réponse que je lui ai faites. Bien évidemment, j’ai tout reformulé de manière à ce que ce soit un peu plus lisible par vous, et donc profitable ! N’hésitez pas, vous aussi, à me poser des questions. Il n’est pas certain que je trouve le temps d’y répondre rapidement, mais je prendrai au sérieux vos questions. Suffisamment au sérieux pour que je trouve le moyen, un jour, d’y répondre du mieux que je peux.
Bonne lecture !
Question principale : à quoi ça sert ?
L.S : Bonsoir Lionel ! J’ai lu ton article qui parlait de la création de l’être humain et des autres animaux. Tu commences par indiquer qu’il y a des différences majeures entre Genèse 1 et Genèse 2.
Alors pourquoi aller plus loin dans l’exégèse ? Comment est-ce qu’on peut espérer tirer une connaissance du projet de Dieu d’un texte tricoté de fragments et qui se contredit dès le début ?
Ces textes n’ont aucune valeur documentaire ou historique en ce qui concerne les origines de la vie. Dans ce cas, pourquoi se prendre la tête avec la traduction de tel ou tel mot ? Si le texte s’est déjà montré peu fiable, qu’importe ?
Sur ton mur Facebook, quelqu’un avait fait ce commentaire : « Il y a deux récits de création dans le livre de la Genèse : le premier où il est écrit : ‘Dieu créa l’homme à son image, Homme et Femme il les créa’. Et le second auquel vous vous référez, où la femme est créée secondairement … et qui a fait couler beaucoup d’encre. On peut peut-être en rester au premier qui paraît plus équitable, non ? » Tu y as répondu en disant :

Mais pourquoi refuser de mettre ce texte de côté, si on a déjà établi qu’on a affaire à un mythe, à un extrait de poésie terriblement belle (les ténèbres au dessus de l’abîme et le souffle qui plane au dessus des eaux, c’est inimitable quand même) mais dénué de valeur documentaire ? Peu importe si l’hébreu dit ‘semblable à lui’ ou ‘contre lui’, puisque ce texte n’est pas fiable !
Pourquoi se tordre dans tous les sens pour bâtir sur une fondation qui n’est pas solide? Je n’ai absolument rien contre ta conclusion concernant les humains et les autres animaux, mais est-ce qu’on a besoin de puiser dans la genèse pour en arriver là ?
Pourquoi aller plus loin dans l’exégèse ?
Ta question, L.S., est une question pertinente, et je suis certain que beaucoup se la posent, même s’ils n’osent pas toujours admettre qu’ils se la posent. La Bible comporte des récits gênants – et peut-être même que tous les récits de la Bible sont gênants. Une personne de la paroisse où j’exerce le ministère m’a dit un jour qu’elle trouvait impossible de raconter la Bible à des enfants, tellement les textes lui sont difficiles, de par leur violence. Il faut du courage pour oser dire que les textes bibliques nous gênent, dans l’Église.
Tu as raison, les récits de la création dans la Genèse sont des récits qui relèvent du mythe. Ces récits ne parlent pas des choses telles qu’elles se sont réellement passées. Donc pourquoi aller plus loin dans l’exégèse après tout, on pourrait très bien ignorer ces récits, les rejeter, puisque nous reconnaissons qu’ils sont invalidés par la science, lorsqu’ils racontent les débuts de l’humanité.
Au contraire, je trouve qu’on a besoin de faire cette exégèse.

Un principe chrétien
Pour moi, si on se dit chrétien il faut chercher, dans nos Écritures, ce qui peut poser les bases de nos idées et de notre éthique. Et d’autant plus si on est protestant, avec notre leitmotiv l’Écriture seule – sola scriptura – seule habilitée à fonder notre foi.
Cette recherche est comme un jeu de piste ou une chasse au trésor, jeu dans lequel on va chercher des indices et les recouper avec d’autres textes pour essayer d’articuler des éléments apparemment contradictoires et essayer d’en tirer la sève.
Chercher quelles sont les dynamiques internes à la Bible pour montrer quelles en sont les possibilités et les ambiguïtés, c’est super intéressant pour enraciner notre pensée. Dans ces récits, il y a de très belles choses, et je suis partisan de ne rien enlever.
Par exemple, à tel endroit de la bible on nous dit de mettre à mort une personne pour telle ou telle raison. Est-ce que je ne prendrai pas en compte ce texte ? Si, je vais prendre en compte ce texte que je trouve insupportable, pour dire ou rappeler comment était la société de l’époque, pour chercher ce que ça peut vouloir dire, quelle était l’intention qui était exprimée à travers cette injonction, qu’est-ce qu’on veut mettre en avant, avec quelle dynamique, et se positionner en responsabilité, pour dire : « je suis d’accord avec ça » ou « je ne suis pas d’accord avec ça ».
Une réaction contre le fondamentalisme
Pour moi c’est super important au nom de ce principe qui dit que c’est sur les Écritures que ma foi se construit. Et si je lis la Bible comme ça, alors je ne peux pas être fondamentaliste.
Parce que le fondamentaliste ne s’en rend pas toujours compte, mais il a son idéologie, sa tradition particulière : une posture vis-à-vis de l’homosexualité, de l’avortement, de la médecine, des autres religions, etc. Il a des postures traditionnelles qui lui ont été enseignées, et il va chercher dans la Bible tout ce qui va pouvoir lui permettre d’argumenter en faveur de ces idées, en faisant abstraction de tout ce qui va à l’encontre de ses idées.
Le libéral (ou en tout cas la caricature du libéral, telle que je l’entends formulée), bien souvent, a exactement la même lecture, mais avec des valeurs opposées. Moi, ce que j’essaye de faire (rien ne dit que j’y arrive vraiment), c’est de dire que la bible peut être interprétée de manières différentes (chacun va tirer la couverture à soi : celui qui est pour la peine de mort va trouver des arguments en sa faveur dans la Bible, celui qui est contre la peine de mort va trouver ses arguments dans la bible), mais surtout que la Bible contient une multiplicité de discours.
C’est-à-dire qu’il n’y a pas seulement une multiplicité d’interprétations possibles, mais il y a aussi une multiplicité de discours au sein même de la Bible. Focaliser là-dessus, c’est essayer d’échapper à instrumentaliser la bible. Ça ne veut pas dire qu’on y arrive : personne ne peut y arriver vraiment. Mais le fait d’essayer c’est le meilleur moyen d’honorer la bible.
Essayer de ne pas instrumentaliser la bible c’est essayer de ne pas survaloriser mes idéologies en disant : « la bible affirme que… Dieu dit que… »
Par exemple : un texte difficile
Prenons le psaume 137 dans lequel on peut lire cette horreur :
Toi, Babylone, qui seras bientôt ravagée, heureux ceux qui te rendront le mal que tu nous as fait ! Heureux ceux qui saisiront tes jeunes enfants pour les écraser contre le rocher !
C’est une prière qui est adressée à Dieu… comment peut-on accepter un tel psaume ? Comment peut-on le prier, même ? Il y a beaucoup de psaume violents, comme ça.
Si on rejette ces textes, alors on jette la foi chrétienne et on ne fait pas l’effort de réfléchir à ce qu’ils nous disent.
Dans mon interprétation de ce psaume, le psalmiste pensait vraiment ce qu’il écrivait. Il voulait vraiment se venger de ses ennemis, qui avaient détruit sa vie. Non pas se venger lui-même d’ailleurs : il demande à Dieu de le venger, ce qui est différent. On peut déjà entendre que le psalmiste se rend compte que la vengeance ne lui appartient pas, qu’il n’a pas le droit, en tant que croyant, de se venger de ses ennemis. Il remet donc ce désir de vengeance entre les mains de Dieu.
Ce déplacement est intéressant car il pose un interdit : il est interdit de tuer l’autre, même si c’est le pire des salauds. Le psalmiste déplace le problème en cherchant une base éthique solide.
Des êtres spirituels
Nous, qui aimons nous faire passer pour des êtres spirituels et purs, nous nous disons : « ces sentiments ne sont pas ceux d’un être spirituel ». Un texte comme ça me dit au contraire que l’être spirituel reconnaît le mal qui est en lui, et que Dieu, au travers de nos prières, peut tout entendre. Et le désir de vengeance est dans nos cœurs.
Il y a des gens qui disent : « je n’ai jamais ressenti le désir de vengeance ». Je veux bien le croire. Mais ce que je remarque, c’est que dans mon cœur il y a un désir de vengeance, et ce même désir se trouve dans le cœur d’énormément de personnes. Ce désir n’est pas toujours bon à dire, il n’est pas bon à mettre en œuvre, mais il y a un endroit où on peut l’exprimer librement, sans crainte d’être jugé ou mal interprété : c’est devant Dieu, dans nos prières.
Dans la foi que je porte, Dieu nous encourage à être honnêtes avec lui et avec nous-mêmes. Quand on s’autocensure et quand on dit : « la vengeance n’habite pas en moi », on se ment et on se trompe. En faisant ça on trompe Dieu, et on trompe le monde.
Une thérapie
La prière est un espace où il y a cette vraie liberté de reconnaître qui je suis et de reconnaître mes limites. Je peux dire : « j’ai cette violence en moi et je ne peux pas l’enlever. Donc je te la dépose, et je te le dis : ce désir de meurtre, il est très vivant et je suis vraiment à bout ! Je n’en peux plus ! J’ai ça dans mon cœur, je veux tuer ces monstres, à toi de te débrouiller avec. »
Une des fonctions de la prière c’est de faire du bien à notre psyché. Déposer nos haines a une vertu thérapeutique. Tu le vois, ce psaume horrible porte en lui une dynamique qui vient enrichir ma foi, malgré tout.
Même si l’histoire des psaumes est très difficile à retracer, même si les psaumes sont écrits par des gens différents, à des époques différentes, et qu’ils véhiculent des idéologies différentes, même si leur usage dans les milieux juifs de l’Antiquité est très complexe, que la manière dont ils ont été assemblés est difficile à appréhender pour nous aujourd’hui, force est de reconnaître qu’ils ont été très importants pour soutenir et développer la foi des communautés spirituelles au long des âges, et qu’ils ont été reconnus et reçus dans ce qui forme aujourd’hui nos Bibles.
C’est exactement pour ces raisons que je ne veux pas laisser tomber le texte de Genèse : j’aime ce texte et je veux l’aborder avec honnêteté. Si j’écarte ce texte, en tant que pasteur, en tant que chrétien, je fais une œuvre de malhonnêteté intellectuelle aussi grande que les fondamentalistes. Ça voudrait dire que je choisis mes textes en fonction de mon idéologie.
Genèse 2 : un texte peu fiable
La Genèse est peu fiable d’un point de vue de science de la vie et de la terre. C’est normal : la Bible n’a pas été écrite pour nous faire un exposé scientifique concernant la structure de l’atome et l’apparition de la vie sur terre. Elle n’a pas été écrite pour nous dire comment ces choses ce sont passées. Elle a été écrite (en partie) pour nous dire pourquoi les choses se sont passées. Pour donner du sens à la vie sur terre. Pas pour expliquer les choses.
C’est en ce sens que Bible et science ne s’opposent pas : si la science décrit ce qu’elle observe (et ne peut rien dire du sens que pourraient avoir les choses), le mythe donne une interprétation du réel pour orienter nos choix de vie. La science n’apporte aucune réponse aux questions essentielles sur le sens de la vie et le rôle spécial que l’être humain pourrait avoir dans ce monde. Faire passer le mythe pour de la science, ou utiliser la science comme guide moral et spirituel, c’est oublier que ces deux approches n’ont pas le même objet. C’est ne pas respecter leurs particularités.
Par conséquent, on peut lire la Bible de manière scientifique, en apportant un regard critique sur les écritures : par exemple, quand on confronte la Bible (ou n’importe quel texte religieux) aux réalités historiques telles que nous sommes capables de les restituer grâce à la méthode historico-critique, on s’aperçoit que les textes contiennent souvent des exagérations, ou inventent des faits. Gratuitement ? Non, ces récits viennent mettre en avant des idées et des convictions qu’il vaut la peine d’étudier, car ce sont justement ces idées qui changent notre imaginaire et qui transmettent des valeurs.

Une fiabilité théologique !
Les récits de Genèse n’ont donc aucune fiabilité scientifique, je suis d’accord. Mais d’un point de vue théologique, ils sont fiables ! Ces textes nous disent comment leurs rédacteurs – et leurs groupes de lecteurs-auditeurs -, dans l’antiquité, dans un lieu particulier, à une époque historique particulière, ont perçu leur divinité. Là il y a une grande fiabilité car derrière ça ce n’est pas juste une théologie qui est développée, c’est aussi une manière de concevoir l’humanité (anthropologie). La place de l’homme et de la femme dans une société, la place de l’être humain dans son environnement naturel…
La richesse des textes permet d’en ouvrir les sens. Pour moi, le texte est fiable justement parce qu’il est ambigu : on peut l’interpréter de différentes manières. Si cette ambiguïté est là dès la rédaction de ces textes, ça veut dire que ceux qui ont compilé les textes de cette religion n’ont pas choisi que des textes qui disaient la même chose, mais ils ont fait quelque chose de plus rassembleur. Une partie de leur message c’est : « Avec tous ces points de vue différents, nous formons un peuple ». Ça veut dire que les religions qui ont découlé de ces textes auraient pu être autre chose que ce que nous avons connu.
Un projet politique !
D’ailleurs, il y a eu des périodes où ça a été autre chose. La société juive de l’antiquité aurait, par moments, considérablement réduit l’insécurité des femmes dans une société archaïque, en leur donnant des droits (héritage, protection en cas de mort du mari, etc.). Les communautés chrétiennes, au début, auraient donné beaucoup d’importance à l’implication et à la valeur des femmes – jusqu’à ce que le patriarcat reprenne le dessus. Les questions qui se posent actuellement dans nos sociétés sont déjà là en germe dans les textes anciens, et ça peut faire un projet de société compatible avec la foi dans le Dieu d’Israël.
Ces choses étant ambigües, on voit qu’il y avait plusieurs options possibles, et qu’on aurait pu prendre une autre direction que – par exemple – la destruction systématique des écosystèmes ou l’écrasement des plus pauvres au profit des plus riches. Aujourd’hui on peut s’inspirer de ces textes pour prendre une autre direction. Quelque part, si je rejette ce texte, ça veut dire que je valide les thèses fondamentalistes : ça voudrait dire que ces textes sont insupportables et qu’ils sont incompatibles avec l’intelligence du vivre ensemble. Je n’y crois pas du tout. C’est pour ça que je tiens à faire l’exégèse de ces textes : il y a une richesse dans ces textes que je me dois, parce que j’aime la Bible, de dépoussiérer.

L’exemple à partir de « l’autre »
Qu’est-ce que ça change, au fond, que ce soit « une aide semblable à lui » ou « une aide contre lui »,dans Genèse 2 ? Ça change que l’autre est toujours un autre. L’autre ne m’est jamais semblable.
Quand un homme aime un homme, il n’est pas dans le refus de l’altérité – comme on le dit un peu trop souvent chez les psys ou chez les religieux (pardonne-moi de ne pas citer mes sources ici, je ne fais pas la promotion des voix qu’on entend hurler trop fort) – puisque l’autre est forcément un non-semblable. L’autre, même s’il possède le même sexe, est un vis-à-vis.
Je ne connais aucun homme qui soit comme moi. Certains me ressemblent, je peux avoir des points communs avec des hommes, tout comme je peux avoir des points communs avec des femmes ou avec des animaux. Ça ne fait pas d’eux des êtres semblables à moi. Ce qu’on a en commun, c’est que nous sommes des êtres vivants.
Ce qui me différencie des autres animaux, c’est que j’appartiens à l’espèce humaine, pas à l’espèce féline ou canine… J’ai donc nécessairement une relation particulière avec les êtres qui sont de la même espèce que moi. Ça ne veut pas dire que je rejette les autres espèces.
Semblable et différent
De même, si je suis un homme, j’ai une relation particulière avec les hommes, relation qui peut fort bien être différente de la relation que j’ai avec les femmes. Et souvent, la relation particulière que j’ai, moi, avec les hommes, c’est une relation bizarre : la plupart des hommes que je croise s’attendent à ce que je forme avec eux une sorte de coalition de mecs, prêts à dénigrer les femmes et à asseoir leur domination. Je me sens vraiment en rupture avec cette dynamique. Donc vraiment, les hommes de ce type ne sont pas mes semblables !
Si le texte biblique dit que « la femme est un aide semblable à » l’homme, ça implique au pire une négation de ce qui nous différencie, au mieux, ça implique l’idée qu’il y a des points communs entre l’homme et la femme qui les différencie des autres animaux. Il se peut fort bien que le rédacteur ait voulu montrer que malgré la différence, il y a du même, et que malgré la ressemblance, il y a du différent. Raison pour laquelle il fait dire à Adam : « Voici l’os de mes os, la chair de ma chair ».
Mais le rédacteur ne dit pas « une aide semblable à lui », parce qu’il ne souhaite pas mettre l’accent sur la similitude. Il souhaite rappeler que l’autre est toujours autre. Le texte assume l’altérité qui existe entre deux êtres, et insiste sur le fait que cette altérité est bénéfique. Et inévitable.
Rejeter un texte
Donc je refuse de mettre ce texte de côté, parce que ce texte est beau. On peut en tirer quelque chose. Et il a une valeur documentaire. Une valeur documentaire qui ne nous renseigne pas sur comment les choses ont été créées, mais qui nous renseigne sur comment les gens qui ont écrit ce texte imaginaient la divinité, et les relations que la divinité entretenait avec les êtres humains.
Je suis très attaché au fait de ne pas laisser ces textes aux fondamentalistes. Je suis attaché à chercher ce que le texte nous dit. La fondation de ce texte est solide, mais il faut juste accepter que c’est un récit.
Comme un conte
Je compare souvent les textes de la Bible avec les contes. Le petit chaperon rouge, par exemple. Quand on raconte cette histoire à nos enfants, on transmet des valeurs, on transmet des idées, voire des idéaux, bref, on transmet tout un imaginaire. On sait que ce récit est une fiction. Mais cette fiction parle de quelque chose de très réel : il y a des gens qui font du mal aux enfants… On peut s’inspirer de beaucoup de choses dans ce récit. On peut se fonder dessus pour développer une pensée, une sensibilité, un imaginaire, voire une politique. Mais on peut aussi comprendre des choses différentes de ce conte, en fonction de notre vécu.
Je n’aime pas trop comparer la Bible à des contes, mais la bible a quand-même une dynamique similaire – et c’est logique, puisque la Bible fourmille de récits. La différence, c’est que la Bible a été adoptée comme livre « sacré » pour beaucoup de gens sur la planète, et son pouvoir évocateur et symbolique est très important. Il est donc d’autant plus important de ne pas laisser la bible entre les mains des fondamentalistes.
Pour maintenir ensemble la richesse des textes et leur ouverture, toujours possible.

Finito ?
Voilà, L.S. J’ai tenté une réponse construite, et je n’y suis pas arrivé : c’est le bazar et ça part dans tous les sens. A l’image de mon esprit labyrinthique. J’ai voulu tenter une réponse simple et courte, et ce billet fait partie des plus longs que j’ai écrits. Bref, j’ai tout raté, à tous les étages de mon projet.
Mais il y a une chose que je pense ne pas avoir ratée : j’ai répondu honnêtement à tes questions.
Et je serai heureux si ces réponses te faisaient réagir, et si elles permettaient l’articulation de tes pensées avec les miennes, afin que ça nous stimule et nous fasse cheminer ensemble sur ce bout de route commune. Si, de cet échange, on pouvait relire nos histoires personnelles et comprendre pourquoi, aujourd’hui nous croyons ce que nous croyons.
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