Prier, pour quoi faire ?
La prière ce n’est pas une récitation de mots certifiés conformes par une autorité religieuse. La prière, c’est la conversation libre que nous pouvons avoir avec Dieu. Le ton de cet échange varie du reproche au remerciement exalté qu’on appelle adoration, en passant par la supplication pour soi ou pour autrui. Mais prier, pour quoi faire ?
Pour beaucoup de gens, c’est un monologue inutile, puisque personne n’écoute. Pour moi, la prière est notre connexion à Dieu, notre cœur à cœur avec le Seigneur. Et comme Dieu nous aime, il écoute nos prières, comme un Père écoute ses enfants.

Un récit étonnant
Le livre des Actes nous raconte comment Pierre, l’apôtre, a prié alors qu’il était en prison. Pendant qu’il prie, il a une vision au cours de laquelle il se voit s’évader – mais il est persuadé qu’il est dans un rêve. Or, il finit par se retrouver dehors, et libre !
L’évasion de Pierre est un des récits bibliques que je préférais enfant. Il a tout du merveilleux. A nos esprits d’adultes occidentaux rationalistes, il peut paraître fantaisiste. Pourtant toute Parole de Dieu est utile pour enseigner et pour redresser nos cœurs.
Hérode est le descendant d’une longue famille de tyrans assassins. Le grand-père est, dans la tradition, le boucher du massacre des enfants de Jérusalem (« les Saints Innocents » comme disent les catholiques), son oncle a décapité Jean Baptiste et crucifié le Christ. L’Hérode de notre récit vient de couper la tête de Jacques frère de Jean. Il fait arrêter Pierre et s’apprête à le condamner à mort. Mais les choses ne se passent pas comme prévu.
L’intervention d’ un ange est à la fois spectaculaire et féérique. Cependant ce n’est pas l’ange qui doit retenir notre attention. Ce messager du Seigneur vient en effet en réponse à la prière de l’Église. Ce chapitre des Actes montre deux autres facettes de la prière : premièrement c’est un moyen d’apaisement quand les difficultés nous effraient et deuxièmement la prière est un moyen d’action de l’Église.
Prier apaise les soucis
Pierre est en prison. Il sait à qui il a affaire et ne se fait pas d’illusion sur son sort. Les chaînes qui lui blessent les poignets et les chevilles, et en voyant 16 soldats chargés de le surveiller, il ne peut douter que la mort l’attend. Pierre sait qu’Hérode veut le tuer.
Et pourtant Pierre dort ! Mettant en pratique de façon exemplaire notre cantique « sur Toi je me repose, ô Jésus mon sauveur. Faut-il donc autre chose pour un pauvre pécheur ? » Il s’est sans doute rappelé des paroles que Jésus lui avait dit « tu étendras les bras, un autre te ceindra et te conduira où tu ne voudrais pas aller ». Pierre pense sans doute que ce jour est arrivé. Il a confié à Dieu son sort et maintenant qu’il a lâché prise, il dort.
Fin de la mission de l’apôtre.
C’est un sacré exemple pour nous qui nous débattons si souvent avec des soucis mineurs par rapport à ceux des prisonniers politiques ou des croyants opprimés. Déposons notre prière devant Dieu et faisons confiance. Dans sa 1e épitre, Pierre écrit quelques années plus tard : « Déchargez-vous sur Dieu de toutes vos inquiétudes, car il prend soin de vous ».
Pierre dort si bien que la lumière qui accompagne l’apparition de l’ange ne le réveille pas, l’ange doit le frapper au côté! En grec, le verbe « réveiller » signifie aussi «ressusciter ». C’est le mot utilisé dans le livre des Actes : « Dieu a réveillé Jésus d’entre les morts ». Alors que Pierre se considérait déjà comme mort, l’ange vient le rendre à la vie.

Nos propres prisons
Nos chaînes peuvent être celles de la culpabilité, du deuil, de la maladie. Nous sommes dans l’impasse du découragement ou de la colère. Nous ne sommes plus prêts à repartir sur une nouvelle piste, nous avons raccroché. Et de penser comme le prophète Élie, à bout de force et en fuite, « Seigneur reprend ma vie ». Il faut un « ange » pour nous secouer et nous remettre debout.
Avez-vous remarqué le soin que l’ange prend de Pierre ?
Pierre n’est ni effrayé ni surpris de voir quelqu’un tout lumineux le secouer en prison ; il dort debout et pense qu’il rêve. Il en oublierait ses affaires ! L’ange lui rappelle d’attacher ses sandales pour que Pierre ne se blesse pas les pieds sur les cailloux de la route. Il l’empêche d’oublier son manteau pour que Pierre ne pas prenne pas froid dans la nuit.
Quand le Seigneur nous envoie en mission, Il ne nous envoie pas « tout nus ». Et pourtant comme Pierre, nous ne sommes pas conscients de tout ce que Dieu fait pour nous.
Prier, comme un moyen d’agir
« Pierre était gardé dans la prison, mais l’Église priait Dieu pour lui avec ferveur ». Bien qu’il fasse nuit, les croyants de Jérusalem veillent. Ils prient pour la vie de Pierre et pour que son courage ne l’abandonne pas. Le texte dit « avec ferveur », c’est-à-dire sans relâche.
L’ange est une réponse à la prière de l’Église. L’apôtre Jacques rappelle que « la prière du juste mise en œuvre a beaucoup de force. Élie était un être humain de la même nature que nous, il pria avec instance pour qu’il ne pleuve pas et il ne tomba pas de pluie sur la terre pendant 3 ans et 6 mois. Puis il pria de nouveau, alors le ciel donna de la pluie et la terre produisit son fruit. ». L’Église de Jérusalem est exaucée, Pierre a reçu l’apaisement en prison et le Seigneur va au-delà des attentes des chrétiens : Pierre est délivré.
Paul encourage Timothée et l’Église à « faire des prières, des supplications et des actions de grâce pour tous les humains, pour les rois et pour tous ceux qui occupent une position d’autorité, afin que nous menions une vie paisible… cela est beau et agréé de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité ». Aux Colossiens, Paul demande de « prier avec persistance, vigilance et reconnaissance ».

Difficile de croire
Je passe sur les remarques misogynes des disciples qui accueillent la servante Rhode « tu es folle »… C’est comme à la résurrection, les disciples n’ont pas beaucoup progressé !
Les croyants ont passé la nuit à genoux, pourtant ils sont « stupéfaits » de voir Pierre à leur porte. Ce n’est que la réalisation d’une promesse de Dieu écrite par Ésaïe : « Je leur répondrai avant qu’ils appellent, ils n’auront pas fini de parler que je les aurai entendu ».
Combien de fois prions-nous sans y croire vraiment ? « Priez avec la puissance de l’Esprit Saint », nous dit Jude. Nous ne sommes pas seuls face à une divinité inaccessible.
Si prier avec l’Esprit Saint nous parait trop abstrait, prenons modèle sur Jésus, vraiment homme et vraiment Dieu. Jésus prie à l’écart du bruit et de la foule pendant toute sa vie, il est à genoux dans le jardin de Getsémané au moment où il a peur de la souffrance et de la mort. Enfin souvenons nous que Jésus prie pour nous avant sa mort.
« Je ne prie pas pour le monde mais pour ceux que tu m’as donné, parce qu’ils sont à toi… Père saint, garde les attachés à ton nom, ce nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous… Je leur ai donné ta parole et le monde les a détestés. Je ne te demande pas de les enlever du monde mais de les garder du Mauvais… Consacre-les par la vérité, c’est ta parole qui est la vérité… Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde… Père, je veux que là où moi je suis, eux aussi soient avec moi, pour qu’ils voient ma gloire ».
Survol du chapitre 17 de l’évangile de Jean
Il est rare que Jésus dise « je veux ». Il nous veut près de lui, personne ne peut nous arracher de sa main. Prions donc avec confiance en toute circonstance.
En savoir plus sur Chemins Libres
Subscribe to get the latest posts sent to your email.