Les Wampas – Vie, mort et résurrection d’un papillon

4 août 2020Lionel Thébaud

S’il ne me fallait choisir qu’une seule chanson des Wampas, ce serait Vie, mort et résurrection d’un papillon, tiré de l’album Les Wampas vous aiment.

Les Wampas et moi, c’est une longue histoire d’amour. Très longue.

Voici les paroles de cette chanson :

Je suis né la nuit dernière
Entre le ciel et la terre
Je n’ai pas connu mon père
Et je n’ai pas connu ma mère
Je ne suis qu’un papillon
Je ne sais faire que voler
Butiner, m’amuser
Et je n’demande rien de plus
Hier encore je rampais
Et aujourd’hui je m’envole
Vers le ciel, le soleil, le soleil
Oh Seigneur, Seigneur merci, merci
Tout est si beau pour moi ici
C’est vraiment le paradis
Toutes ces fleurs, ce ciel si bleu
C’est vraiment si merveilleux
Un matin je n’s’rai plus là
Personne ne s’en apercevra
Mais pour moi rien n’v’a changer
Je continuerai à voler
Butiner, m’amuser
Et ça pour l’éternité

Didier Wampas, le chanteur, chante faux à merveille dans toutes ses chansons. Les mauvaises langues disent qu’il le fait exprès. Peut-être. Mais sur cette chanson toute douce, je trouve que sa voix exprime parfaitement des émotions fortes. En l’écoutant, je ressens des choses qui pourraient sembler contradictoires.

Premièrement, un grand calme. Une grande sérénité. Plus rien de grave ne peut m’arriver, je n’ai plus peur de rien.

Deuxièmement, une joie profonde. Je contemple le monde et je m’émerveille de tout.

Troisièmement, une lassitude. Ce monde ne me surprend plus.

Quatrièmement, une solitude. Même accompagnés, au final nous sommes seuls à mener notre petit bateau. Et c’est seul que nous affrontons la vie.

Cinquièmement, la vacuité. Tout passe, toute le temps, et nous ne laissons que d’infimes traces.

Sixièmement, la mort. Inéluctable, elle se rapproche de jour en jour.

Septièmement, la vie après la mort. C’est l’espérance qui nous habite.

Huitièmement, l’éternité. Rupture et continuité.

La musique plane, des sons étranges (mais doux) sortent de la guitare électrique, et le tout me fait l’effet d’une béatitude mélancolique.

Le titre est très évocateur : « Vie, mort et résurrection d’un papillon ». Dans les paroles de cette chanson, la mort du papillon n’est pas la fin. Il n’est plus là, mais il revit, ailleurs, pour l’éternité. La mort fait une rupture dans l’existence du papillon, mais la résurrection lui assure une certaine continuité : ce qui fait que le papillon est papillon n’est pas englouti dans la mort.

Une écoute rapide de quelques autres morceaux montre que l’auteur des textes est habité par la foi :
Ecclésiaste 5.1 est basée – sous forme de délire rigolo – sur ce verset tiré de la Bible : « Ne te presse pas d’ouvrir la bouche, et ne te hâte pas d’exprimer une parole devant Dieu. Car Dieu est au ciel, et toi sur la terre ; que tes paroles soient donc peu nombreuses ». Version Louis Segond, s’il vous plaît.
Les îles au soleil évoque des vacances en Grèce, sur fond d’une histoire d’amour sans doute, et se termine par la reprise d’une chanson de sœur Sourire :  » Entre les étoiles Le Seigneur a posé ta vie / Entre les étoiles Près de lui en Paradis / Entre les étoiles Le Seigneur a écrit ton nom / Entre les étoiles Tout là-haut dans sa maison. »
Le Seigneur est une fleur dit ceci : « Le seigneur est une fleur qui s’épanouit dans la nuit / Le seigneur est une fleur, une jolie fleur d’Italie… / Le seigneur est un oiseau qui s’envole au-dessus des flots / Le seigneur est un oiseau que j’aime comme un jouvenceau… / Le seigneur est un soleil, ses rayons me chauffent le cœur / Le seigneur est un soleil, je ne connais plus le malheur. »
Bloc de glace se termine ainsi : « Tout seul sur ton bloc de glace, C’était trop tard pour faire volte face / T’aurais jamais la gloire, les palaces, Mais tu allais enfin voir Dieu en face. »
L’Éternel a pour refrain : « Mais l’Éternel, lui, le sait. »
Allison reprend le thème de David et Goliath le temps d’un couplet.
Les anges parlent de ces êtres (réels ou imaginaires) qui veillent sur nous.
Mes amis/Oui je vous aime se termine comme ça : « Oui je vous aime Ouh ouh, dit le Seigneur / A tous ses enfants, Depuis  tous les temps Yeah yeah yeah yeah yeah / Mais personne n’écoute Ce qu’il a à dire, Tout le monde s’en fout… / Pourtant il parle tout doucement / Pour que tout le monde puisse bien comprendre / Oh oui il parle tout doucement / Tout doucement, tout doucement. »
Un dimanche à Strasbourg comprend cette phrase : « Seules les églises sont ouvertes Ça tombe bien je voudrais renaître. »
Les Wampas sont la preuve que Dieu existe a un titre assez évocateur (qui a donné d’ailleurs son titre à l’album), mais j’avoue ne pas très bien comprendre de quoi la chanson parle !
Le dernier cormoran évoque les « rasoirs évangéliques » (mais de quoi est-il donc question?)
Léonie cite un passage du livre de l’Apocalypse : « Quand l’Agneau ouvrit le septième sceau / Il y eut dans le ciel un silence d’environ une demi-heure. »

Bon, ce petit travail de recherche n’est peut-être pas exhaustif, mais cela laisse penser que la foi est une dynamique qui habite sinon le groupe, au moins le gars qui écrit les textes des chansons. Et je suis tombé il y a quelques mois sur une interview de Didier Wampas, où il fait état, justement, de la foi qui l’habite. Donc voilà. Voilà donc. Cette chanson, que j’ai découverte quand j’avais disons 16 ans m’accompagne encore aujourd’hui et me parle, dans ces moments où j’ai un peu l’impression de ne pas servir à grand-chose, tout en étant heureux des petits riens qui composent ma vie. Comme ce papillon, qui vit en butinant, parce qu’il est fait pour butiner. Et elle me remplit d’espérance.

Si le cœur vous en dit, vous pouvez écouter ce morceau ici :



Le site officiel des Wampas

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