Résiliences

14 septembre 2020Lionel Thébaud

Vous recevrez une force quand l’Esprit saint descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout du monde. Après ces mots, Jésus fut élevé vers le ciel pendant que tous le regardaient ; puis une nuée le cacha à leurs yeux.
Actes 1.8-9



Les disciples de Jésus connaissaient bien leur tradition juive : comment il fallait manger, comment faire shabbat, comment sacrifier au temple… Tout était codifié. Mais Jésus les a déplacés. Ils ont été étonnés de voir la liberté de leur maître. Ils avaient envie d’apprendre et ils pensaient que Jésus allait leur dire ce qu’ils devraient faire. Mais quand Jésus a été mis au tombeau, ils étaient perdus. Que faire, maintenant ? Jésus n’a donné que très peu de consignes… Puis Jésus leur apparaît de nouveau et passe un peu de temps avec eux – sans leur donner de consignes plus précises d’ailleurs. « Il est revenu de la mort, donc il va pouvoir rester avec nous pour toujours ! » Mais Jésus s’en va de nouveau. Il leur laisse son Esprit, mais un Esprit, aussi saint soit-il, est difficile à suivre.

Que faire ? Faut-il rester juifs ou devenir païens ? Faut-il fréquenter les synagogues ou trouver d’autres lieux ? Faut-il respecter le shabbat ou inventer un nouveau jour pour notre culte ? Faut-il suivre la liturgie juive pour nos rencontres, ou bien faut-il l’adapter, voire en changer radicalement ? Les disciples sont face à plein de difficultés. Il y a différents mouvements. Chacun a sa petite idée sur la question.

Et en 70, 40 ans environ après la mort de Jésus, le temple de Jérusalem et les synagogues de Judée sont détruits. Dans ce drame incroyable, les chrétiens – comme les Juifs d’ailleurs – ne peuvent plus se rendre à la synagogue. Ils sont obligés de repenser leur foi et leurs symboles. Obligés de s’adapter, et de faire évoluer leurs traditions. Pour que leur message puisse être entendu dans leur contexte.

Toutes proportions gardées, nous sommes dans une situation similaire. Nous avons des traditions fortes, avec des symboles forts. Nous savons que ces symboles ont évolué dans le temps, mais nous voulons croire qu’ils ont toujours été tels que nous les vivons. Nous avons cette tendance à vouloir faire entrer les gens dans notre histoire, plutôt que de faire entrer notre message dans la culture d’aujourd’hui. Devant les difficultés que nous traversons, nous sommes forcés de nous adapter. Forcés de repenser nos symboles. C’est le travail qui nous attend. Je suis persuadé que c’est Dieu lui-même qui nous pousse à nous renouveler. Essayons d’être à l’écoute de ce que Dieu nous dit et avançons pour donner à notre Église un nouvel élan de vie, malgré les situations qui nous font peur et les discours qui en rajoutent. Que notre foi nous pousse à nous réinventer !



Comments (1)

  • Ulmann

    15 septembre 2020 at 13:26

    Merci Lionel de ce commentaire concis et tonique. Aujourd’hui, l’ecr Italien, Erri De Luca, dont je t’e recommande de lire Impossible, invité à France Culture, disait que nous sommes comme Paul sur le chemin de Damas; nous vivons une conversion.
    Amitiés
    Jmu

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