Intersectionnalité
Si la situation des personnes racisées s’est améliorée, elle est encore gravement inégalitaire. C’est comme pour la sitution des femmes : elles vivent mieux aujourd’hui que dans les années 60, mais il y a encore bien des efforts à faire pour qu’elles soient les égales des hommes. Idem pour les personnes homosexuelles aussi. Je ne veux pas dresser la liste de toutes les catégories de personnes auxquelles je pense, vous savez exactement que si vous êtes en marge de notre société (j’ai bien dit « en marge » : ça ne concerne pas les 1% les plus riches, par exemple, situation qui n’est pas une marge).
Les personnes qui ne sont pas en marge, ou qui refusent de l’être (par peur de subir les effets de la marge) ont une attitude qui participe à la domination générale. Et ce n’ est pas forcément une « mauvaise attitude personnelle ». Ce constat n’a pas pour but de faire culpabiliser ces personnes privilégiées.
C’est tenter de faire prendre conscience de quelque chose de plus global, de structurel : un truc auquel on participe sans y réfléchir. Malgré nous. Mais quand-même avec nous. En avoir conscience, c’est peut-être – c’est une part de mon espérance – commencer à dynamiter ce mur d’indifférence pour bâtir une humanité solidaire et responsable.
C’est exactement la visée de la parole biblique qui dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Je ne l’entends pas comme « soyons ami.e.s, donnons-nous la main ». Je l’entends comme : « mettons tout en oeuvre pour que l’autre ne soit pas empêché de vivre ». Et c’est à mon avis pour cette raison que l’éthique chrétienne focalise sur les personnes marginalisées et précarisées. Tout ce que nous mettrons en place pour améliorer leurs vies profitera à tout le monde.
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